30 décembre 2009

Bonne Année 2010 !

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Un projet industriel titanesque pour 15% de l'électricité européenne via le soleil

Le 13 juillet dernier pourrait avoir constitué un important virage dans notre manière de produire l’énergie qui nous est nécessaire. Douze entreprises majeures, essentiellement allemandes, ont en effet signé à Munich un accord visant à définir le plus important projet de production d’énergie jamais mis en place, tant quant à la production envisagée qu’aux investissements requis.

L’idée s’appuie sur le potentiel énergétique solaire des déserts d’Afrique du Nord. Pour Siemens, 'Une surface de 300 kilomètres sur 300 kilomètres dans le Sahara, équipée de miroirs paraboliques suffirait pour couvrir les besoins en énergie de la planète entière'. Dans le cadre du consortium dénommé Desertec, un bureau d’études Desertec Industrial Initiative (DII) a été créé (1) pour élaborer, dans un délai de 3 ans, un schéma d’exploitation concret et les financements nécessaires à la construction d’un grand nombre de centrales solaires thermiques à concentration (2) interconnectées en Afrique du Nord. Ce bureau est également mandaté pour accompagner le lancement des préparatifs industriels de construction des centrales solaires thermiques interconnectées et réparties dans toute la région MENA.
A moyen terme, d’ici quinze ans, le but fixé est de produire suffisamment d’énergie pour couvrir environ 15 % des besoins européens en électricité et une 'part considérable' des besoins électriques des pays producteurs.

Ce point fait d’ailleurs réagir Solarworld, le numéro un de l’énergie solaire en Allemagne, qui craint que l’on mette en place un nouveau système de dépendance énergétique de l’Europe, dans des pays politiquement instables. A l’inverse, pour Torsten Jeworrek de Münchener Rück, une des sociétés partie prenante dans Desertec, 'Nous poursuivons un projet visionnaire. S’il réussit, nous aurons apporté une très grande contribution à la lutte contre le changement climatique. Le potentiel écologique et économique est énorme.'

Economiquement, l’investissement est colossal avec une estimation s’élevant à 400 milliards d’euros sur quarante ans, se répartissant en 350 milliards d’euros pour la production d’énergie et 50 milliards pour son acheminement jusqu’en Europe via des lignes à haute tension.
Pascal Farcy
Illustration © DII

1- DII regroupe des sociétés principalement basées en Europe, au Proche-Orient et en Afrique du Nord (MENA) : ABB, ABENGOA Solar, Cevital, Deutsche Bank, E.ON, HSH Nordbank, MAN Solar Millennium, Münchener Rück, M+W Zander, RWE, SCHOTT Solar, SIEMENS.
2- Techniquement, les technologies solaires à concentration permettent de transformer le rayonnement solaire en chaleur à un niveau de température situé entre 400°C et 1200°C, avec un rendement supérieur à 70%. Pour cela les caractéristiques optiques et calorifiques des rayons solaires sont exploitées, en les concentrant grâce à des miroirs pour chauffer un fluide qui chauffe de l’air ou de l’eau. Cette eau ou air chaud sert ensuite à faire tourner une turbine génératrice d’électricité, laquelle est renvoyée directement sur le réseau électrique. Cette technologie permet de 'lisser' la production sur quasiment 24 heures, grâce à un stockage thermique pour faire tourner la turbine, et donc produire de l’électricité, de nuit. De par cette possibilité, le solaire à concentration ne présente pas le même inconvénient que l’éolien et le solaire classique, en permettant une relative adaptabilité aux variations de consommation électrique. Des centrales faisant appel à cette technologie existent déjà en Allemagne et en France

 

 

En France !

 

Construction d’une centrale solaire à concentration, en France

L’énergie qui émane du soleil est principalement exploitée à partir :
- de la chaleur : solaire thermique (chauffe-eau, etc.),
- du flux lumineux : solaire photovoltaïque (production d’électricité).
Si au niveau des particuliers, en offrant le meilleur retour sur investissement, le solaire thermique est de très loin le plus optimisé et répandu, au niveau industriel c’est la production d’électricité qui est recherchée. Jusqu’à présent, la seule solution qui semble disposer d'un réel potentiel de production de masse en la matière tient au solaire à convection.

Ainsi, face au renchérissement des énergies fossiles (pétrole, gaz…), sur certains sites aux caractéristiques optimales des industriels investissent sur le solaire. On l’a vu dernièrement en Allemagne avec la construction de la plus grande centrale photovoltaïque du monde, aujourd’hui on le voit en France avec la signature, entre la société Solar Euromed et le Conseil Général des Hautes Alpes, d’une convention pour établir localement la 1re centrale solaire française à concentration de grande puissance.

Le site d’implantation prévu se situe dans le secteur d’Aspres sur Buëch et bénéficie de 300 jours d’ensoleillement par an avec une qualité de rayonnement inégalée en France. Cette centrale, qui devrait être inaugurée en 2010, doit atteindre une production de 20 mégawatts, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de 40 000 habitants, sans aucune émission de pollution. Nécessitant un investissement de 80 millions d’euros, ce projet couvrira une surface d’environ 50 hectares, avec un début de production envisagée vers 2010 et une durée d’exploitation supérieure à 30 ans. En phase d’exploitation, le site devrait générer une trentaine d’emplois, tandis que le tourisme industriel lié à cette réalisation pourrait attirer quelque 50 000 personnes par an.

Techniquement, le solaire à concentration exploite les caractéristiques optiques et calorifiques des rayons solaires. L’énergie de ces rayons est concentrée grâce à des miroirs pour chauffer un fluide qui chauffe de l’air ou de l’eau (la centrale française ne devrait utiliser que de l’air). Cette eau ou air chaud sert ensuite à faire tourner une turbine génératrice d’électricité, laquelle est renvoyée directement sur le réseau électrique. Cette technologie permet de 'lisser' la production sur quasiment 24 heures, grâce à un stockage thermique pour faire tourner la turbine, et donc produire de l’électricité, de nuit. De par cette possibilité, le solaire à concentration ne présente pas le même inconvénient que l’éolien et le solaire classique, en permettant une relative adaptabilité aux variations de consommation électrique.

 

 

23:54 Écrit par Xavier Bonjean dans Escalade à gogo | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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