16 septembre 2012

Randonnée de 27 km : Tour du lac de Nisramont.


 Randonnée de 27 km :

Tour du lac de Nisramont

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Pour toute la description de la randonnée avec plan et itinéraire. Cliquez ici (sur le document trouvez la page 23)

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(Extrait de la revue du GR)

Dans une de mes précédentes chroniques, intitulée «Randonner demain ? » (« GR Sentiers infos », nº 171 – juillet 2006), je mettais en garde contre la mainmise des autorités sur la randonnée (péage à l’entrée de sentiers auquel certains songeraient – à Ténériffe déjà, il faut s’inscrire à l’avance et payer pour pouvoir utiliser les plus beaux chemins – ; limitation de l’utilisation des sentiers suivant que le ministre en charge soit chasseur ou non…) Un extrait du roman de Jean-Christophe Rufin « Globalia », que je citais longuement, racontait une randonnée dans
un monde imaginaire, où le randonneur était pris en charge du début à la fin, chacun de ses gestes lui étant dicté et surtout… comptabilisé ! C’est également dans cet esprit que je concluais mon article intitulé « Les Hautes Fagnes et moi » (« GR Sentiers », nº 181 – janvier 2009) en constatant que tous les aménagements pratiqués par la DNF avaient profondément modifié le caractère intrinsèque du haut plateau tel que je l’avais connu jadis.
Bien sûr, tout se modifie très rapidement à notre époque, c’est une évidence. Mais jusqu’où faut-il tolérer le changement quand il va de pair avec une restriction de notre liberté de mouvement, de notre libre choix ? Ne devons-nous pas nous insurger contre cette volonté implicite, mais omniprésente, de couler l’individu dans un moule unique, celui du parfait consommateur !
Jugez donc de mon effarement à la lecture d’un article d’un journal publicitaire largement distribué dans ma région. Son titre aurait pourtant dû me séduire, mais il m’a tout de suite paru suspect : « Bienvenue dans les Hautes Fagnes ». En effet, dès le deuxième paragraphe je lis : « La balade démarre au mont Rigi. Il faut prendre un ticket à l’aubette. “C’est gratuit”, précise d’emblée la préposée. “Mais nous aimons connaître la nationalité des visiteurs et savoir combien de temps ils restent dans la réserve.” » Nous y voilà ! Pourquoi ne pas imposer d’office le port d’un
bracelet qui permettrait de suivre tous les déplacements des promeneurs ? Si nous n’y prenons garde, il faudra bientôt se rassembler aux kiosques prévus à cet effet et attendre l’heure de la promenade pour pouvoir accéder à ces belles étendues fagnardes encore si sauvages. Si j’ai bien compris, qui dit contrôle du temps de marche, dit
aussi sortie par un guichet. Plus question de muser librement, donc. Que va-t-il se passer si la balade dure trop longtemps ? Sanction, amende, interdiction de revenir ? Et en quoi connaître la nationalité des randonneurs importet- il tant ? Au mieux, ce sondage permet d’inonder les touristes de publicité pour les attirer en masse vers ce qui était, il n’y a pas si longtemps encore, un havre de paix et qui se transforme peu à peu en parc d’attractions (hôtels, restaurants, baraques à frites, échoppes de tout acabit, location de skis, parkings, aires de pique-nique et, jusqu’à tout récemment encore, piste de karting ou de quads…) ! Le Toit de la Belgique n’est-il pas en train de connaître le triste sort d’un certain petit village de la vallée de l’Ourthe, pourtant si charmant et si bien conservé,
mais que le tourisme de masse, attiré par la publicité irresponsable de certains médias, a complètement dénaturé ?

Mises à part quelques considérations d’une affligeante banalité sur le paysage environnant (« J’essaie d’apercevoir l’un des 200 cerfs ou des 2 400 chevreuils qui peuplent le parc, mais sans succès. Les sangliers ne sont pas plus visibles. » !), l’essentiel des réflexions de l’auteur de l’article en question se concentre sur le Centre Nature qu’il qualifie tout simplement de « pause terroir ». Car seules les possibilités de restauration qu’il offre semblent intéresser ce journaliste : «… On y trouve notamment un restaurant spécialisé dans les produits du terroir…
» Un peu réducteur, non ? Une photo ne représente-t-elle pas une jeune dame s’offrant un énorme sandwich ? N’y avait-il vraiment pas d’autre façon d’illustrer le sujet, les Hautes Fagnes ? De sa promenade thématique guidée, il
ne semble pas avoir retenu grand-chose. La conclusion est au diapason de tout l’article : « D’ici quelques minutes, je me restaurerai auprès d’un bon feu crépitant… »Et l’on n’échappe pas à l’inévitable rubrique « Envie de loger ? ».
Au fond, je suis en train de brocarder ce reporter. Mais sa façon faussement naïve, voire simpliste, de présenter le sujet, ne fait-elle pas partie d’une stratégie concertée ? Faire consommer ! Trêve d’ironie amère et de pessimisme !
Il suffit de s’écarter de la zone située entre la Baraque Michel et Botrange, d’éviter les deux, trois promenades trop bien balisées du sommet du plateau, de quitter au plus vite les quelques départs de balades très fréquentées des environs immédiats du lac d’Eupen, de la maison forestière de Ternell et de Konzen, et il vous restera encore, heureusement, des centaines de kilomètres de sentiers pour plonger dans la douce torpeur et le silence ouaté de ces magnifiques étendues boisées et de ces landes brumeuses, à la beauté mélancolique, uniques en leur genre. Et si vous pouvez éviter les week-ends, il vous arrivera même de ne rencontrer personne de toute la journée !
« Last but not least ! » J’ai quand même eu le plaisir de découvrir, sur la photo d’introduction à l’article, une belle balise blanc et rouge à l’entrée de ce que l’auteur appelle « un sentier en lattes surélevées », traduisez « d’un caillebotis » ! 


Léon Lambiet (mars 2009)


 

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19:50 Écrit par Xavier Bonjean | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |