19 octobre 2012

Soirée de projection exceptionnelle ! Évènement escalade !

Jeudi 8 novembre dès 20 heures

Soirée de projection exceptionnelle !

JUNGLE JAMMING

Les membres de l'équipe de CAB RCT présentent un film exceptionnelle avec les images de leur expédition au Venezuela avec pour objectif :

Escalade libre dans les parois de folie.

Lieu :Country Hall Bol d'air Angleur.

Le rendez-vous "escalade Liège" de l'année.

 

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Venezuela Jungle Jam Teaser from Sean Villanueva on Vimeo.

 

 

Le CAB RCT de retour du Venezuela

 

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Sean Villanueva, Stephane Hanssens, Jean-Louis Wertz et Nicolas Favresse viennent de retourner au monde civilisé après avoir passé 38 jours dans la jungle. Ils ont vécu une aventure fantastique, bien différente de leurs autres expéditions. La météo, le rocher, la jungle, les indigènes, les animaux et l’incroyable paroi de la cascade de Tuyeren leur ont offert des moments pour le moins pimentés. Les quatre grimpeurs ont réussi à ouvrir deux nouvelles voies en libre sur la paroi de la cascade de Tuyuren, « Maria Rosa » sur le côté gauche et « Apichavai » sur le côté droit de la paroi.

 

Quand nous avons débouché de la jungle, au pied de la paroi, elle avait l’air tellement déversante que la gravité pesait déjà lourd dans nos têtes. Nous n’étions pas certains de pouvoir ouvrir une voie en libre et encore moins de le faire dans le style que nous avions l’intention de nous imposer. Du bas, la paroi ne présentait aucune ligne évidente, peu de fissures, et sans aucune rupture dans sa perpétuelle raideur… C’était, de loin, la paroi d’ampleur la plus raide que je n’aie jamais vue. Nos amis Mason Earle (USA), George Ullrich (GB), Siebe Vanhee (BE), et Sam Farnsworth (GB) avaient dix jours d’avance sur nous et se trouvaient déjà perchés assez haut dans une des seules lignes évidentes au milieu de la paroi. C’était marrant et une vraie coïncidence de se retrouver tous là-bas : nous sommes tous amis, mais chaque équipe avait planifié son voyage sans avoir jamais su que l’autre avait exactement la même idée !

Maria Rosa 7b – 500m, aucun spit, aucun piton, aucun relais de rappel

 

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Le côté droit de la paroi avait tout simplement l’air quasiment impossible. Au milieu, l’autre équipe avait déjà emprunté la ligne la plus évidente (elle aussi à l’allure impossible). Du coup, nous avons décidé de tenter le côté gauche où nous avons repéré une ligne attirante. Dès les premières longueurs, l’escalade s’est révélée complètement différente des grandes parois auxquelles nous étions habitués. C’était franchement raide, et le rocher très rugueux, avec beaucoup de prises horizontales qui rendaient la suite difficile à anticiper. D’une manière générale, il fallait s’engager et espérer que ça passe ! Traverser horizontalement fut souvent la solution la plus facile et la plus tentante au lieu de monter tout droit vers l’inconnu.

 

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La paroi était diaboliquement raide et nous grimpions dans un terrain totalement vierge, mais le rocher était tellement prisu que l’escalade, bien que soutenue, fut beaucoup plus facile que prévue. En seulement quatre jours, nous sommes arrivés 400 m au-dessus du sol, au pied d’un énorme toit traversé sur 10 m par une fissure parfaite. Nous étions très contents de trouver ce passage, mais un pas de bloc féroce gardait l’entrée de la fissure et nous a empêché de tout faire en libre. Malgré ce passage que nous n’arrivâmes pas à libérer, la fissure était d’une telle beauté, presque sur-réelle, que nous passâmes deux jours à la répéter juste « pour le fun ». Ensuite, nous nous sommes préparés pour les longueurs finales menant au sommet. Nous nous sommes divisés en deux cordées. L’une a contourné le grand toit créant ainsi une variante en libre, et l’autre a terminé la ligne d’origine, la plus logique. Nous avons hissé notre matériel jusqu’en haut de la paroi et avons passé une journée entière au sommet du Tepui afin de profiter de la beauté ensorcelante de cet endroit magique. Le lendemain nous sommes descendus par le côté gauche de la paroi, dans la voie vénézuélienne, « Wacupero Amuri », nous permettant au passage de ne rien laisser dans notre voie. Nous avons décidé de baptiser cette nouvelle voie « Maria Rosa » d’après une marque de biscuits locaux qui s’appelle Maria ; des biscuits qui nous surprenaient de temps en temps avec leur garniture en fraise au milieu. La voie a donc deux sorties : une sortie pour faire la voie en libre, avec trois grande longueurs en traversée avant de monter au sommet, et l’autre sortie qui passe directement dans le toit avec quelques points d’artif en C1.

Apichavai 8a+ – 500m  5 spits

 

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Quand nous sommes descendus de Maria Rosa, nous sommes rapidement retournés à Yunek pour reconstituer nos réserves, et nous y avons croisé les membres de l’autre équipe qui rentraient chez eux. Ils étaient à côté de nous pendant toute l’ascension, mais le bruit de la cascade rendait toute communication impossible entre nos deux équipes. Ils nous ont dit que leur voie, baptisée « Kids with Guns », devait pouvoir se libérer, et ont presque réussi à nous motiver pour la tenter en libre, mais dès notre retour à Amuri nous avons préféré repartir à l’aventure et explorer les possibilités d’une nouvelle ligne en libre, cette fois-ci sur le quasi-insurmontable mur de droite de la paroi. Seules les deux premières longueurs de la ligne choisie étaient plus ou moins évidentes et pas trop raides, tout le reste étant un océan de Quartzite déversant. D’entrée, les longueurs étaient difficiles, avec de la végétation, des placements de protections délicats, et des blocs instables. Lorsque Sean Villenueva tentait d’enchainer la deuxième longueur, il a fait une chute de 40 m, arrachant 5 points dont 3 qui avaient l’air parfaitement placés à part un peu de poussière. Heureusement que le sol se trouvait encore 20 m plus bas et que la paroi était tellement déversante qu’il est tombé uniquement dans l’air.

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Par contre son assureur, Jean-Louis, s’est bien brulé les mains en arrêtant la chute. Au départ il était question qu’il rentre chez lui afin d’éviter une infection, mais au bout de 4 jours ses mains allaient bien mieux, et il a pris la décision de rester avec nous en paroi sans grimper. Il y a eu plein d’autres chutes pendant l’ascension, environ 20 au total parmi tous les membres de l’équipe ! Pour les longueurs 4, 6, et 7, la voie passe dans la partie la plus déversante de la paroi, ce sont les plus difficiles à libérer avec des difficultés jusqu’à 8a+. Des 15 longueurs de la voie, nous n’en avons fait que 4 à vue. Les autres longueurs étaient très difficiles, demandant un bon nettoyage et nous les remontions en artif afin de trouver des bons placements de protection pour les tentatives en libre.


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Ce qui, à posteriori, m’impressionne le plus, c’est d’avoir trouvé un cheminement permettant de tout faire en libre. Certaines sections de la voie n’ont été libérables que grâce à une seule prise. Chacun des quatre derniers jours en paroi, nous pensions que nous allions en venir à bout, mais jour après jour, nous étions arrêtés par une section difficile à libérer qu’il fallait nettoyer et travailler avant de l’enchainer. La voie ne voulait pas céder, et nous doutions de pouvoir la terminer ! Ce fut la première fois que cela nous arrivait. Finalement nous atteignîmes la végétation dense du sommet, et pour la deuxième fois nous eûmes la chance de pouvoir nous dresser au sommet d’Amuri.
Nous avons mis cinq spits au total dans la voie, trois dans les longueurs et deux pour renforcer des relais. Nous avons mis 14 jours pour faire la voie, dont 4 au sol en attendant que les mains de Jean-Louis se cicatrisent. La voie est très soutenue avec 8 longueurs cotées au moins 7b.
« Apichavai » est le nom d’un guerrier de Yunek qui a réussi à tuer « Tri-tri », l’oiseau géant légendaire qui enlevait les gens pour les dévorer dans sa grotte en haut du Tepuys.

Nous aimerions remercier tous ceux qui nous ont permis de vivre nos rêves : le Club Alpin Belge, Patagonia, Julbo, Five Ten, Black Diamond, Seeonee, Sterling ropes, Beal, Belclimb.be, Petzl, Careplus , Katadyn, Nordisk, Boreal, Crux, AVS Aviation.

En outre, nous aimerions remercier Oliver de Trekken Tepuy qui nous a aidés à résoudre certains problèmes logistiques, notre pilote, Marcus Garcia, et toutes les personnes généreuses de Yunek qui nous ont aidés à transporter notre matériel dans la jungle.

Au cours des prochaines semaines vous trouverez plus d’infos et de récits sur le site  : www.xpedition.be

Salutations

Nico, Stephane, Jean-Louis et Sean.


Texte et photos extraits du site : http://www.xplore.tv/2012/04/le-cab-rct-de-retour-du-vene...

 

23:54 Écrit par Xavier Bonjean | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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